Biographie

Je suis Mélanie Saci et je suis artisane textile spécialisée en maille.

Je crois bien que le tricot m’était destiné.

J’ai appris ce savoir-faire lorsque j’étais petite, quand je passais mes étés chez ma grand-mère dans un petit bourg de Bretagne. J’adorais ça ; j’avais même confectionné ma première paire de chaussons, et j’étais très fière de moi.

Par la suite, j’ai peu à peu perdu de vue cette technique jusqu’à ce que je rentre en STD2A avec pour objectif de devenir architecte d’intérieur. À la fin de ces trois années, je me suis rendu compte que ce qui me correspondait le plus, c’était le design textile. J’ai eu la chance de pouvoir poursuivre mes études à l’ENSAAMA (Olivier de Serres) à Paris, dans la section design textile. Bien évidemment, mon savoir-faire préféré n’est nullement une surprise : il s’agissait bel et bien du tricot, mais du tricot sur machine à tricoter, que l’on appelle maille.

Et c’est comme ça que je suis entrée aux Beaux-Arts de Bruxelles, où mon projet actuel a vu le jour. Tout prend forme lors du thème de notre projet de diplôme : « Que représente pour vous le tricot ? »

Le tricot m’évoque mon histoire… Le fil permet de tricoter des souvenirs, dont les miens dans un premier temps. J’aime bien prendre des photos lorsque je tricote. Pour moi, il s’agit d’un marqueur temporel. En effet, lorsque je regarde une image de moi en train de tricoter, je me souviens de ce que je réalisais, pour qui, à quel moment et pourquoi. Tout part d’un souvenir.

J’ai donc réalisé une série de souvenirs tricotés à l’aide de ma machine à tricoter manuelle. Ces tableaux sont composés de deux faces qui se superposent et qui sont travaillées en même temps. Elles ne peuvent pas être tricotées séparément.

La première face, généralement constituée de rayures, laisse apparaître la seconde face, qui représente mon interprétation de la photo souvenir choisie. Elle apparaît au travers de cette première face. Elles se superposent, ce qui nous donne une image qui se manifeste mais qui est à la fois brouillée par les rayures. C’est un peu comme lorsque l’on se souvient de nos souvenirs. Ils ne sont jamais totalement restitués à la perfection : il y a toujours un petit détail qui manque ou un petit détail que l’on a justement retenu. Tout cela est assez flou, et c’est ce que je représente au travers de mes tableaux tricotés.

Aujourd’hui, mon travail textile comprend toujours ce de la représentation de la mémoire et du souvenir, mais je travaille également sur un axe un peu plus plastique où je m’intéresse plus en profondeur à la superposition et à la composition textile des couleurs, ainsi qu’aux motifs géométriques et abstraits.